Tania & ses coquineries

Bal des pompiers sans feu

Sur le papier, ça aurait dû être une soirée mémorable : un appartement parisien, quelques femmes gourmandes, dont certaines avec leurs conjoints, des pompiers.

Une soirée organisée par un couple de libertins joueurs et décidés, que nous avions croisé à plusieurs reprises et qui nous avait notamment invité chez eux ainsi que quelques hommes seuls sélectionnés (libertins aguerris aussi et amants efficaces).

Je frétillais donc d’avance, décidée à mettre le feu, et mon homme visualisait déjà le final explosif.

Une préparation express

Ma journée de boulot ce jour là s’est terminée plus tard que prévue. À peine rentrée, nous passons à table, mon homme, notre fille et moi. Je sens la fatigue de la semaine (et l’idée de ne pas sortir me traverse un instant l’esprit) mais je ne me démotive pas pour autant.

Deux histoires lues à ma fille et plein de bisous plus tard, nous la couchons, après lui avoir rappelé que si elle se lève dans la nuit, c’est la nounou qui viendra s’occuper d’elle mais que nous serons là à son réveil le lendemain matin.

Il me reste alors exactement 25 min avant l’arrivée de la nounou, pour me maquiller (précision utile : maquillage plus soutenu qu’un maquillage de jour, donc plus long), choisir définitivement ma tenue (j’hésite encore) et préparer mon sac (avec les chaussures qui vont avec la tenue et les indispensables). Lectrices, on se comprend, 25 min pour tout ça, c’est chaud patate.

Je suis assez efficace pour me maquiller (merci les tutos en ligne et les conseils des copines), même si le résultat n’est pas aussi soutenu et vibrant que je l’aurais voulu (Il me faut sûrement acquérir des produits plus adaptés pour cela, mais je me pencherai sur cette question plus tard).

Pour la tenue, j’hésite entre la robe noire ultra décolleté qui a eu beaucoup de succès lors de notre dernière soirée et une robe rouge lacérée (pompier >> feu >> rouge).

Le choix de la tenue finit par s’imposer de lui même, étant donné que je veux mettre un porte jarretelle et des bas : ce sera la robe noire.

Je complète mon sac avec des chaussures noires à talons raisonnables (ménager ma cheville toujours), du rouge à lèvres intensément rouge. J’aurais voulu faire mon vernis (rouge aussi) mais le temps m’a cruellement manqué.

La nounou est là. La petite s’est endormie. Quelques instructions, on attrape notre manteau, mon sac, la bouteille de champagne et on file.

Dans le métro, je questionne à nouveau mon homme. C’est lui qui était en lien avec le couple organisateur. Il a demandé à avoir du renfort, pour une grosse pluralité. Ils seront 20 au total et ont été « briefé » (ils savent que je veux du rythme et du sperme). Je ressens une certaine appréhension, j’avoue.

Une arrivée pour le moins étrange

Je toque à la porte (en lieu et place d’une sonnerie, des fils à nu, ce qui était déjà un signe, avec le recul). Un pompier torse nu nous ouvre (ah ok, pourquoi pas). Nous entrons directement dans la pièce principale, le Salon, dont la cuisine est attenante. Dans ce Salon, le seul espace prévu pour coquiner : un canapé d’angle (pas d’accès à d’éventuelles chambres, pas de matelas dans la pièce principale). Le lieu déplaît d’emblée à mon homme.

De mon côté, j’observe les forces en présence. La majorité de ces messieurs sont torse nu. C’est qu’il fait déjà chaud, dans cette pièce bas de plafond, fenêtres fermées, rideaux tirés, à cause (j’imagine) d’un vis à vis. Je me dis que lorsque les hostilités seront lancées, ça deviendra un sauna.

3 pompiers n’ont pas tombé le haut. À leur attitude nonchalante (on se boit une bière entre potes et on attend de voir ce qui va se passer / de bouger éventuellement dans une autre soirée) ils ne me paraissent pas sobres ni libertins ou, tout du moins, pas habitués aux soirées libertines.

D’ailleurs, sur la table de la cuisine, je constate de nombreux cadavres de bouteille de bière et bouteilles de champagne, alors que nous sommes arrivés seulement 30 min après l’heure annoncée. Mouais. Alcool et queue tendue ne font pas bon ménage.

Je croise le regard d’une jolie blonde d’une quarantaine d’années, tout de cuir vêtue. Je ne m’en rends pas compte tout de suite mais elle se fait discrète dans la cuisine.

Nous allons, mon homme et moi, dans la salle de bains pour que je puisse me changer. Pendant que j’enfile porte jarretelles, bas, robe noire et chaussures à talons, mon homme revient sur l’absence de matelas.

Mathématiquement, nous tiendrons maximum 10 sur le canapé d’angle (et dans des positions inconfortables), alors que nous sommes plus de 25. Le nombre de convives aurait du être adapté en conséquence.

De mieux en mieux

Retour à la cuisine. On nous sert une coupe de champagne. Ma tenue semble faire de l’effet, 2/3 hommes viennent s’approcher de moi. Je sens des mains sur moi. « Doucement, messieurs, il faut que je me mette dedans. Je n’y suis pas là. »

Le mari de la blonde arrive à son tour, il cherchait une place pour se garer. Nous avons déjà croisé ce couple, lors d’une soirée gangbangàparis. La femme me confiera plus tard : « d’habitude ça manque d’hommes seuls, là il y en a trop ».

La 2ieme femme seule avec qui je discute me confirme mon intuition : c’est la 1ere soirée libertine pour la majorité des hommes présents. Il faut bien commencer un jour, mais un juste équilibre entre les aguerris et les novices, c’est mieux pour réussir une soirée coquine. Aïe.

J’apprends également que les pompiers fêtent le départ de l’un d’entre eux. Ce qui explique les cadavres de bouteilles et l’attitude désinvolte de certains.

Mon homme relève également que la musique ne convient pas du tout : pas assez forte, pas assez lascive et entraînante (un fond musical YouTube pris au hasard certainement).

Bon, à ce stade, les choses s’annonçant laborieuses, nous aurions dû plier bagage. Mais compte tenu de la logistique autour de la soirée (trouver une nounou, me préparer, etc), je voulais essayer de passer une bonne soirée, malgré tout.

Où est le respect ?

Je décide au bout d’un moment de prendre les choses en main. Je lance une concertation avec les 3 autres femmes de la soirée. La jolie blonde ne le sens pas et se met en retrait. L’une des femmes propose de commencer entre nous, ce qui excitera les hommes.

Mais comment dire, hormis la blonde sur le banc de touche, mes potentielles compagnes de jeu ne me plaisent pas du tout.

D’autre part, ça n’aurait pas mis davantage mon homme à l’aise, resté lui aussi en retrait et essayant de prendre sur lui pour ne pas montrer à quel point il est atterré par cette soirée et ne pas me couper dans mon élan.

Et au fond, je n’ai pas envie de donner le plaisir de ce spectacle aux pompiers, dont je ne suis pas sûre de tirer quelque chose de correct.

Je propose de demander aux pompiers de se mettre en rang d’oignon ou assis sur le canapé et de commencer à en sucer certains. Scénario validé (et configuration que j’ai toujours eu envie de vivre).

J’annonce à tout le monde le programme décidé entre filles et incite les pompiers à se déshabiller et s’asseoir sur le canapé. J’ai l’impression d’être une maîtresse d’école qui demande à des gamins d’être gentils et ne pas trop se dissiper.

Je demande à ce qu’on change la musique, qui ne convient pas du tout. Personne ne réagit.

Je me mets en devoir de sucer le pompier qui me plait le plus physiquement. Il me regarde à peine, rigole avec ses potes à côté de lui, ne prend aucune autre initiative que d’attendre mollement que ça se passe, comme ses voisins. Et toujours les 3 loulous habillés qui tirent à moitié la gueule / cuvent nonchalamment au bout du canapé.

La suite de la soirée allait être longue, laborieuse, plate et gênante. Je vois et sens mon homme se décomposer encore un peu plus. Comme il me le dira plus tard : ils ne te méritent pas.

Stop. Je me relève, le rejoins et lui dis que nous partons. En allant vers la salle de bains, nous croisons une des femmes seules. Elle prend des capotes dans ses affaires parce que les pompiers n’en ont pas. Cerise sur le gâteau. Ils étaient venus faire la fête mais n’avaient rien prévu pour des coquineries. Ca me conforte encore plus sur la nécessité de partir.

Pendant que je me déshabille pour ré-enfiler ma robe sobre, deux pompiers viennent me parler et essayer de me convaincre de rester. Je reste sourde à leurs pseudos explications / arguments. « En plus t’avais prévu une belle tenue ». Tu dis ça parce que je suis nue devant toi en porte jarretelle et bas, peut être ?

Mon homme se dirige vers la sortie sans un mot ni un regard pour l’organisateur. Il est en colère. Je comprends encore plus pourquoi quand, autour d’un verre dans un bar (debrief avant de rentrer), il me dit que les pompiers ont partagé une facture de 300€ auprès du propriétaire des lieux. Nous le savions pas avant de venir. Nous pensions que la soirée était gratuite pour tout le monde.

Que se figuraient ces touristes du libertinage ? Que pour 300€, ils auraient un package lieu/alcool/filles ? Qu’on était dans un scénario de Jacquie et Michel ? Que les filles étaient la touche fun de la soirée ?

Qu’ont promis le propriétaire des lieux et l’organisateur ? Pour 300€, vous aurez un lieu pour faire la fête et des filles légères ?

Je termine donc cette soirée avec le sentiment qu’on a cherché, à mon insu, à vendre / profiter de mon cul, et la colère qui va avec.

En résumé

Trop de monde dans un lieu inadapté et glauque (l’emplacement ne fait pas tout)

Des touristes du libertinage qui ne prévoient pas de capote et ne montrent aucun respect (être pompier ne fait pas tout).

Les conditions de la soirée qui n’ont pas été claires, transparentes et acceptables (le plaisir n’est pas un prétexte pour tout accepter).

Tous les ingrédients pour une soirée complètement amateur (dans le mauvais sens du terme), terriblement minable et horriblement sordide.

Et pour achever ce récit, je partage avec vous le top 3 des « solutions » qui m’ont été proposées par le propriétaire des lieux et l’organisateur, en l’absence de matelas :

⁃ Mettre des serviettes par terre, empilées les unes sur les autres,

⁃ M’isoler dans la salle de bains avec des coquins,

⁃ Choisir 1 ou 2 coquins et aller à l’hôtel avec eux.

Voilà voilà voilà, tout est dit.

19 décembre 2018 - Posted by | Libertinage

4 commentaires »

  1. Moi qui voulait tester les soirées privées , je vais y réfléchir à deux fois !
    Heureusement que tous les pompiers ne sont pas comme ça !
    Le business autour d’un pot de départ n est pas une raison valable et encore moins une organisation aussi peu respectueuse !
    Je suis énervée pour toi et effectivement j’ai la sensation que tu as été l’actrice d’un jeu de mauvais goût à tes dépens !
    Quel dommage !

    Commentaire par Honey | 19 décembre 2018 | Réponse

    • Toutes les soirées privées ne sont pas les mêmes, heureusement.

      Commentaire par hanytra | 19 décembre 2018 | Réponse

  2. Effectivement soirée pourrie, arnaque garantie et aucun plaisir à l’horizon. Vous avez bien fait de partir. Ces personnes ne vous méritaient pas.

    Commentaire par Daniel | 20 décembre 2018 | Réponse

  3. C’est triste comme histoire, mais la photo est très jolie.

    Commentaire par Pierre Ponte | 22 décembre 2018 | Réponse


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