Tania & ses coquineries

Et maintenant ?

S’arrêter. Se retourner pour regarder le chemin parcouru. Puis regarder à nouveau devant soi. Se demander si on a toujours envie de continuer à avancer dans cette direction.

Voilà où j’en suis sur le chemin du libertinage.

J’ai lu quelque part que, parfois, il suffit d’un infime changement de perspective pour avoir une perception totalement différente.

Je revois ce moment, quelques jours après la mort de mon frère, où je me sentie interdite de me laisser aller et ressentir du plaisir, alors que lui n’était plus.

Je revois ce moment, au cours d’une soirée libertine, où j’ai relevé la tête et regardé, avec un recul qui me surprenait moi même, les corps nus que se caressaient, se cherchaient, se frottaient, s’entrechoquaient. Parmi ces corps, celui de mon homme, nerveux, intense, dans un élan fougueux qui le caractérise. Et moi, observatrice, distante, presque absente une fraction de seconde.

Je revois ce moment, au Cap, où je suis descendue du lit, pour laisser la place, laisser de l’espace et regarder passive les ébats des autres. Les cris, les soupirs, les bruit des fluides, de la chair qui claque, traduisant le sexe brut et le plaisir assumé, tout m’apparut désespérément inutile, vide de sens et vain.

Je revois ce moment où je passe en revue les photos privées de notre compte NetEch. Ces photos illustrant à la perfection les fantasmes de mon homme et sa projection de sa femme libertine : chienne, salope, vicieuse, trash. Ces photos de moi dans lesquelles je ne me reconnais plus.

Je croyais que libertiner était une partie de moi, que j’étais intrinsèquement libertine, que le libertinage était une sphère incontournable de ma vie. Mais les choses ont l’importance qu’on veut bien leur donner.

Je pensais qu’il suffirait de tendre la main, de me laisser aller, d’attraper ces capsules de plaisir que l’on veut bien me tendre, sans enjeu aucun. Et pourtant.

Je vivais le libertinage comme ma bulle de liberté absolue, dans une vie calibrée et cadrée, malgré nous. Mais la liberté est toute relative entre les codes libertins à respecter et l’image à renvoyer.

Je pensais que je ne me lasserai pas, que chaque rencontre charnelle serait vibrante et enrichissante. Mais l’âme ne s’enrichit pas des plaisirs de la chair.

J’avais tort. Et maintenant ?

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10 avril 2018 - Posted by | Libertinage

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